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Textes Orduriers

 


Terrorisme : Les bons amis de Gaël le rouge

 

Bretagne : Ils ont épousé la cause des nationalistes de l’ETA et recrutent sur les bancs de l’extrême gauche. Les poseurs de bombes de l’Armée révolutionnaire bretonne ont décidément bien changé.

 

Carhaix-Plouguer, huit mille âmes, son aqueduc romain, son école Diwan. C’est là, au cœur de la Bretagne bretonnante, que le nationalisme en chapeau rond entretient la flamme de la résistance contre "l’Etat colonial". Emgann, la vitrine politique de l’ARB (Armée révolutionnaire bretonne), y a son antenne : une boîte aux lettres et une salle de réunion crasseuse, où les militants s’entassent à l’heure du "grand conseil", dans les volutes de fumée et les odeurs d’encens.

Le dimanche 23 avril, dans ce village d’apparence si tranquille, Gaël Roblin, vingt-huit ans, le porte-parole du mouvement, remet une disquette à un journaliste de l’agence Capa collaborant au Vrai Journal de Canal Plus. Son contenu : un communiqué démentant toute implication de l’ARB dans l’attentat qui a tué Laurence Turbec, le 19 avril, à Quévert. Et la revendication d’une action contre un autre McDonald’s, à Pornic, le 14 avril, que les signataires du document révèlent, pensent-ils, pour se disculper.

Leur thèse : c’est la DST qui aurait récupéré l’explosif qui aurait fait, selon eux, long feu, pour le placer ensuite à Quévert. Une fable ! La bombe de Pornic a bel et bien explosé, même si le gérant de l’établissement a omis de porter plainte. Et elle est de même facture que celle de Quévert : de la Titanite 30 conditionnée par lots de vingt-cinq bâtons et volée à Plévin, le 28 décembre 1999. Il s’agit donc d’une seule et même équipe. Cette imprudence d’écolier va conduire les nouveaux artificiers de la "Bretagne libre" directement en prison.

Pour les hommes de l’antiterrorisme, Roblin n’est pas un inconnu. Les magistrats de la 14e section lui ont même donné un petit nom : Gaël le rouge. Ce militant de vingt-huit ans, aux traits encore juvéniles, a grandi à l’ombre du gwen ha du, le drapeau breton. Du festival "vieilles charrues" de Carhaix à l’Interceltique de Lorient, on l’a vu partout prêcher le nationalisme, un micro à la main, le haut-parleur en bandoulière.

Au fil des ans, la police a appris à connaître ses moindres habitudes : déjeuners de travail dans un restaurant kurde, rédaction de courriers pour les "prisonniers politiques" du mouvement déjà incarcérés en région parisienne, attirance pour le FLNC de Charles Pieri dont il côtoie les compagnons lors des journées nationalistes corses de Corte. Signe particulier : descend d’une famille où l’on cultive les idéaux marxistes.

Lui-même est un inconditionnel de la rhétorique prolétarienne. Et un adepte des forums de discussion sur Internet. Le mouvement possède son propre site. Il a aussi ses bardes attitrés, comme ce groupe de folklore dont les T-shirts sont frappés d’un ARB vengeur et qui éructent à longueur de concerts des appels à la révolte, dans le style rap chouchen.

Qu’il est loin le temps où les autonomistes bretons flirtaient avec les thèses de l’extrême droite ! Le mouvement séparatiste comptait alors parmi ses plus ardents défenseurs un ancien sous-préfet du régime de Vichy à Morlaix. Sans oublier ses nombreux contacts avec les indépendantistes irlandais, prêts à toutes les alliances pour bouter l’Anglais hors de la terre de leurs ancêtres.

Aujourd’hui, Emgann affiche fièrement la couleur : " Le mouvement a dès sa création en 1982 affirmé une orientation socialiste. " A qui la faute ? En 1981, les poseurs de bombe du FLB (prédécesseur d’Emgann) ont tous été amnistiés, de même que ceux d’Action directe et du FLNC ! " Allaient-ils manifester plus longtemps de l’ingratitude à l’égard de leurs nouveaux protecteurs ? interroge un fin connaisseur du dossier. Il faut se souvenir du contexte, cette époque incroyable où les hommes de la cellule élyséenne n’hésitaient pas à proposer des négociations secrètes à des terroristes en fuite, au nom du président de République ! "

Les complices de Charly et le sous-préfet de Vichy.

La mutation va se faire en douceur, orchestrée par les historiques du mouvement, sur la base d’un nouveau contrat : le soutien parallèle aux frères de l’ETA. Est-ce un hasard si l’on retrouve aujourd’hui dans les mailles du filet policier un certain Jean-Charles G., alias Charly, meneur du FLB dans les années soixante-dix, dont les anciens complices se sont réfugiés un temps chez l’ex-sous-préfet de Vichy, et qui connaît mieux que quiconque le problème basque pour avoir longtemps collaboré à un grand quotidien du Sud-Ouest ?

Ses homologues du pays de la pelote ont, en tout cas, appris à aimer la Bretagne. Dès 1985, la France y assigne ceux qui ne peuvent être expulsés vers l’Espagne. " On a mis le ver dans le fruit ", commente un magistrat chargé du dossier. Car les liens vont se resserrer. Avec dans le rôle du fédérateur Denis (en breton : Denez) Riou, âgé de quarante-cinq ans, un autre "sage" du mouvement.

Directeur de la publication de la revue Emgann-Combat breton, il a toujours revendiqué haut et fort son attachement à l’Euscal Herri Tarok, ex-Herribatasuna, la façade respectable de l’ETA. Officiellement, il est salarié de l’association An Daol Gren, "vecteur culturel" des idées nationalistes. Il fonde, dans le même esprit, le Club Glenmor à Lorient, "lieu de débat convivial". En réalité, son quartier général.

La lutte s’intensifie. En juillet, l’ARB revendique ses dernières campagnes d’attentats dans Gara, la revue clandestine de l’ETA. Le 29 septembre 1999, le commando qui passe à l’action à Plévin est composé de Basques, avec un appui logistique breton. C’est pour son rôle supposé dans cette escalade que Riou, électricien de formation, est arrêté par les policiers de la Dnat (Division nationale antiterroriste), dès le 30 septembre. Electricien, son ami Pascal Laize, trente-quatre ans, l’était également. Il avait laissé dans sa voiture, le jour de son arrestation, le 2 mai, à Saint-Marc-le-Blanc, le nécessaire du parfait poseur de bombes : fer à souder, minuteur, détonateur, fils et pinces en tout genre…

Le clan Georgeault ferme la marche. Comme Charly ou Denez, Christian Georgeault, quarante-cinq ans, est un "histo". Chargé des "affaires intérieures" d’Emgann, il vient d’être mis en examen pour " association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste " pour l’attentat de Pornic et " destruction de biens avec explosif ayant entraîné la mort " dans l’affaire de Quévert.

Lui aurait dicté le texte de revendication qui a permis de confondre le réseau. Ce qu’il nie. Il a aussi offert à la cause sa fille Solenn, vingt-trois ans, ex-petite amie de l’un des artificiers de l’ARB arrêté le 17 décembre en possession de deux bombinettes prêtes à l’emploi. Une épreuve qui l’a rapprochée de Gaël…

En attendant que les langues se délient, sur fond d’amour déçu et de repentance sincère ou simulée, la police croise les données scientifiques dont elle dispose pour asseoir sa démonstration. D’après les relevés des bornes d’appel de plusieurs téléphones mobiles, elle a déjà pu reconstituer le périple de Solenn et Gaël, à la veille de chaque attentat. Elle s’applique aussi à cuisiner les maillons faibles du groupe pour obtenir l’aveu qui prendra à contre-pied les donneurs d’ordres, aujourd’hui moins loquaces. " Drôle de mouvance ", confie l’un des limiers de la Dnat. Charriés par le flot des interpellations, deux semi-clochards ont ainsi atterri dans le bureau du juge Laurence Le Vert. " Des loques ! s’indigne un greffier. Il a fallu que madame le juge nettoie les sièges après leur audition… "

Ainsi va le nationalisme breton, mélange de dynamite, de légendes ancestrales, de minuteurs de cuisine et d’anticapitalisme de comptoir. Il peut prêter à sourire, et pourtant il a tué. Une réalité qu’au fond de sa cellule Gaël le rouge n’a pas fini de méditer.

Valeurs Actuelles- 12 mai 2000 - Jean-Marc Leclerc

 


Bretagne : Cette fois, ils ont tué

 

Terrorisme : Le modèle corse fait école : les Bretons, eux aussi, ont choisi l’escalade. Un calcul primaire qui a coûté la vie à une jeune employée de Mc Donald’s. Tout était écrit.

Les milieux séparatistes bretons manifestent des signes de nervosité qui rappellent étrangement la dérive corse… On est loin du folklore biniou, bagad et chapeaux ronds. C’était dans Valeurs Actuelles, le 17 avril 1999, un an, presque jour pour jour, avant l’attentat qui vient de coûter la vie à Laurence Turbec, jeune chef d’équipe du McDonald’s de Quévert (Côtes-d’Armor). Nous annoncions alors la montée en puissance des campagnes d’attentat de l’Armée révolutionnaire bretonne (ARB), insistant sur le risque grandissant qu’elles ne fassent des victimes. Et beaucoup affichaient une moue sceptique.

Mais les faits sont têtus. Ce 19 avril, la bombe a été placée à l’arrière du fast-food. Un kilo et demi de dynamite, relié à un détonateur et à un minuteur de cuisine, programmé pour un déclenchement nocturne. Celui-ci s’est bloqué. Au premier choc, vers 10 heures du matin, l’engin de mort a quand même fonctionné. Il a suffi que la porte de l’établissement, poussée par Laurence, heurte le colis suspect. Le corps de la jeune femme, coupé en deux, avec les jambes sectionnées, n’a été retrouvé par les pompiers que plusieurs minutes après leur arrivée, dans un bosquet, où il avait été projeté par le souffle. Quelques heures plus tôt, la police désamorçait à Rennes une autre bombe qui devait dévaster un bureau de poste, en plein centre-ville. Même explosif. Même signature.

Huit tonnes et demie de Titanite 30.

Car les enquêteurs ont acquis la certitude que la dynamite utilisée provient d’un stock volé le 28 septembre 1999, à Plévin (Côtes-d’Armor) : 8,5 tonnes dérobées au cours d’une opération commando attribuée à l’ARB et pour laquelle cinq de ses militants présumés sont encore emprisonnés dans la région parisienne. L’essentiel de cet explosif (du Titanite 30) a été livré aux séparatistes basques, qui ont depuis longtemps partie liée avec les indépendantistes bretons. Pour avoir apporté la démonstration de cette vieille fraternité d’armes, le commissaire Roger Marion, alors chef de la 6e division (aujourd’hui Division nationale antiterroriste, DNAT) a fait l’objet de toutes les railleries.

Le quotidien Libération faisait ce commentaire sur les compagnons de route de l’ETA, au moment de leur jugement en 1997 : " Comme deux cent seize Bretons avant eux, interpellés depuis 1992, ils ont hébergé des Basques en situation irrégulière. Et comme lors des procès similaires de 1995 et 1996, le président écoute, un peu interloqué, le défilé de simples gens, sans discours et sans slogans, venus simplement parler de droit d’asile et raconter leurs hôtes. " Deux ans plus tôt, ce même journal qualifiait cette mouvance de " chaîne d’entraide, émanation d’une alchimie atypique, agrégat de volonté humaniste, de revendications culturelles et de solidarité internationale ".

En 1999, la dynamite de Plévin a fait trois morts et dix blessés, lors de quatre attentats à Madrid, Vitoria, San Sebastian et Séville ! Aujourd’hui, pour la première fois, elle vient de servir en France.

Qui sont, au juste, ces Bretons poseurs de bombes ? Des " imbéciles ", assurent ceux qui n’ont rien vu venir ou rien voulu voir. Un argument un peu trop commode, selon Roger Le Taillanter, le tombeur du Front de libération de la Bretagne (FLB) des années soixante-dix. Ce commissaire sait de quoi il parle : le 15 mai 1979, les autonomistes plastiquaient sa maison, après avoir projeté sa femme, bâillonnée et ligotée, dans une fosse à ordure. Ils faisaient aussi exploser, un an plus tôt, la galerie des portraits du château de Versailles.

L’ARB a d’abord été le bras armé du défunt FLB. Aujourd’hui, comme le FLNC en Corse, il a sa "vitrine légale" : le mouvement Emgann ("combat") qui fédère deux cents militants ancrés à l’extrême-gauche. " Cette nouvelle génération est d’autant plus inquiétante qu’elle est perméable aux thèses les plus extrêmes du nationalisme basque ", affirme-t-on au SRPJ de Rennes, dirigé par le commissaire Gérard Bon, un ancien limier des affaires criminelles à Marseille. Ses hommes sont unanimes : " Les terroristes de l’ARB ne sont pas, comme certains voudraient le faire croire, de joyeux bardes amateurs ! " En témoignent leurs multiples actions : pas moins de dix attentats commis en six mois l’an dernier !

Ille-et-Vilaine, Côtes-d’Armor, Finistère : toute la région est atteinte. Il y a d’abord eu les actions contre les perceptions. Puis les gendarmeries ont été prises pour cibles, comme à Gouarec, le 24 décembre 1998, ou à Antrain, le 26 février 1999. Le 6 mars de la même année, à Morlaix, le percepteur et sa femme se trouvaient dans les murs quand la bombe a explosé. Et ils auraient pu, eux aussi, mourir. Tout comme les gendarmes qui, quatre jours plus tard, à Guichen, ont miraculeusement échappé au piège, alors qu’ils effectuaient une patrouille de routine. Du réveil de cette violence politique, les commentateurs n’ont pourtant retenu que les actions pittoresques et inoffensives contre la mairie de Belfort, fief du ministre de l’Intérieur, ou contre la perception de Cintegabelle, terre de parachutage du premier ministre Lionel Jospin.

Aujourd’hui, Emgann, qui nie être la vitrine politique de l’ARB, condamne les derniers attentats. Mais du bout des lèvres. Ceux qui, à paris, lui ont offert une tribune, s’empressent, en tout cas, de le rappeler, pour mieux se dédouaner. " Que voulez-vous, explique un fin connaisseur du dossier breton, quand en Corse on tue un préfet, on est invité à la table des négociations à Matignon. Pas étonnant que les durs de l’ARB aient fait le pari de la surenchère. " Le fait que la bombe ait explosé dans un McDonald’s ne relève pas non plus du hasard. " C’est une constante, explique un magistrat de la 14e section du parquet de Paris, qui centralise la lutte antiterroriste : pour faire passer leur action auprès de leurs compatriotes, les terroristes ont tout intérêt à se présenter comme des Robin des bois. En Corse, ils s’attaquent aux villas des pinsutti qui défigurent, selon eux, le paysage. En Bretagne, ils exploitent le rejet de la malbouffe. "

Comme avant l’assassinat du préfet Erignac, annoncé à demi-mot au détour d’un communiqué d’autodissolution, les écrits des autonomistes bretons contenaient le script de l’escalade. Deux articles parus dans Emgann-Combat breton, la revue du mouvement, intéressent particulièrement les enquêteurs. Le premier, paru en novembre 1998 et titré " Que se passe-t-il derrière McDonald’s ", accuse la multinationale américaine de " ruiner la santé ", d’" affamer les populations du tiers-monde ", de " menacer l’environnement ", d’" exploiter systématiquement les employés et particulièrement des femmes " et de " torturer les animaux ". Le second, publié en septembre 1999, pousse encore plus loin la critique, renforçant les soupçons de la police.

Peut-il y avoir un lien entre cette dérive et la lutte des mouvements antiproductivistes et anti-impérialistes rangés derrière la bannière de la Confédération paysanne dont José Bové est devenu le porte-parole triomphant, après avoir démonté, à titre d’intimidation, un McDonald’s dans la région de Millau (Aveyron) le 12 août 1999 ?

Trois impacts de 9 mm sur la façade.

" Utiliser le symbole de notre lutte pour tuer est insupportable ", a-t-il aussitôt protesté en apprenant le drame de Quévert. Mais les hommes de la Division nationale antiterroriste, confiée aujourd’hui au commissaire Mimran, exploiteront, sans états d’âme, toutes les pistes qui pourraient mener aux poseurs de bombe. Comme ces trois impacts de balles de 9 mm relevés en mars dernier précisément sur la façade du McDo de Quévert.

Dans la partie qui s’engage, les cinq Bretons (et trois de leurs compagnons basques) détenus dans le cadre de l’affaire du vol de Plévin sont aussi un atout précieux pour l’enquête. Le dispositif antiterroriste avait dû batailler pour les faire garder au frais. Aujourd’hui, Jean-Pierre Chevènement peut se féliciter de n’avoir pas cédé aux sirènes de ceux qui, tel Raymond Forni (propulsé depuis à la présidence de l’Assemblée nationale), voulaient hier voir démanteler cet outil indispensable. Laurence Turbec, elle, ne se souciait guère des grandes manœuvres parisiennes. Elle est morte pour une chimère : la "Bretagne libre". Elle allait avoir vingt-neuf ans.

Valeurs Actuelles - 28 avril 2000 - Jean-Marc Leclerc

 


Un ARB à abattre

 

        Gaël Roblin a eu la chance de recevoir une éducation dans la plus pure tradition communiste. A l'instar de Carlos sa conception militante s'est donc tout naturellement tournée vers l'action directe et le terrorisme. Gaël est le porte parole du groupuscule d'extrême-gauche et accessoirement indépendantiste breton Emgann. Or quand Emgann et son relent armé l'ARB (Armée Révolutionnaire Bretonne) ont quelque-chose à dire, ils savent se faire entendre. C'est ce que Laurence, employée du McDonald's de Quévert (Côtes d'Armor) a pu constater. Aujourd'hui Laurence repose dans la paix de Dieu au cimetière familial. Déchiquetée par la bombe que les amis de Gaël ont posé à proximité du fast-food. Gaël (comme 8 autres de ses compagnons de lutte) a aujourd'hui beaucoup de chances de passer un long moment sous les verrous. Avant 1981 c'eût pu en être un court sous sous la lame, mais aujourd'hui nous devrons nous contenter de la prison. Les socialistes sont passés par là.

        Ces socialistes, et l'on évite soigneusement de le relater, ont bien entendu leur part de responsabilité dans ce qui vient d'arriver. Viscéralement amoureux de tout ce qui a un petit parfum d'Antifrance, ils ont de tous temps soutenu les indépendantismes locaux. Soutien forcené et à l'encontre de la volonté populaire en Nouvelle-Calédonie. Soutien des indépendantistes Savoyards. Soutien à demi mot des indépendantistes Corses, en reconnaissant le peuple corse et en recevant ses plus dévoués terroristes dans les tanières maçonniques inféodées (ces frères-la-gratouille, qui jamais à une trahison près nous prouvent encore une fois à quel point ils aiment la France). L'indépendantisme breton ils l'ont bien entendu soutenu et encouragé via le Secours Breton. Quel rapport avec le terrorisme? Il faut savoir que le Secours Breton ("Skoazell Vreizh" en v.o) est bien loin d'un club de sauveteurs en mer bénévoles ou d'une simple amicale bretonnante. Fondé par un ancien terroriste, il n'a d'autre but que de financer les frais de justice des terroristes et poseurs de bombes. Or les revenus marginaux de l'association ne pouvaient bien entendu pas laisser penser qu'ils étaient en mesure de payer des honoraires à répétition. L'argent manquant venait des grasses subventions accordées par le conseil général (PS) du Finistère. Ce dernier ignorait-il les motivations du Secours Breton? L'officine de soutien n'a cependant jamais fait mystère de sa raison d'être, allant jusqu'à déclarer dans "Kannadig", son bulletin d'information:  "Certaines personnes nous reprochent de soutenir Emgann ! Eh bien non, nous ne soutenons pas Emgann, mais des militants bretons poursuivis par la justice française [NDR: ce qui change tout...] et nous aidons leurs familles. Quand des personnes ont été poursuivies, également par cette même justice d'exception, pour avoir hébergé des Basques, nous ne nous sommes pas posé de questions pour savoir qui elles étaient, sans hésiter nous avons tout fait pour les aider." Difficile pour les socialistes de nier qu'ils finançaient en toute connaissance de cause un groupe d'aide aux terroristes. Quand aux familles des terroristes bretons, elles sont loin de l'image du couple bigouden pleurant dans sa chaumière son Yannik incarcéré loin de l'océan. Par exemple Solenn Georgeault, journaliste à Breman est soupçonnée d'avoir accueilli dans son appartement les responsables de l'attentat qui y ont rédigé leur revendication. La famille aura effectivement besoin du soutien de Secours Breton incessamment sous peu: Christian (le père) d'une part qui aura du mal à expliquer qu'il ignorait tout des activités de sa fille; étant lui même dévoyé aux "affaires intérieures" d'Emgann et Mirelle (la mère) à tel point insoupçonnable qu'elle vient d'être placée en garde-à-vue. Solenn n'a plus quant à elle qu'à aller chercher du réconfort chez son petit ami Arnaud Vannier...enfin si elle a la chance de tomber dans le même centre pénitencier que lui. Ce dernier étant en effet incarcéré depuis un an à la Santé. Bref comme on peut le constater: rien que du beau ligne!

        Tout ce petit monde verra bien entendu les frais de justice pris en charge par Secours Breton, donc par l'argent versé par les socialistes. Comment se fait-il que ces derniers, si prompts à dénicher la Bête Immonde partout où elle se terre aient été à ce point manipulés par des terroristes? Il est vrai que les manitous de la pensée unique avaient jusqu'alors tout fait pour que l'indépendantisme breton soit considéré plus comme un folklore que comme une menace. Il était correct et fréquentable, un point c'est tout. Inutile d'y revenir! L'indépendantisme breton, c'était un peu la séquence frissons de tout Fest-Noz qui se respecte.  L'indépendantiste, lui, était un peu l'indien vendeur de cigares dans l'Amérique des années 20: on posait volontiers avec lui pour la petite photo-souvenir des vacances à Dinan. Quant aux cortèges revendicatifs (dont les effectifs participants -toute bandes confondues- ont la régularité de suffire à peine à bloquer la circulation dans une ruelle), ils étaient l'objet de tous les petits soins de la part d'une certaine presse régionale et nationale, à qui la plus-value touristique que pouvaient apporter ces jeunes gens si pittoresques ne pouvait échapper. On en était presque à vendre des petits indépendantistes en coquillage estampillés "Souvenir de Bretagne" ou des sulfures en plastique avec de la neige tournoyant autour d'un choux-fleur, jusque-là arme de jet privilégiée de l'indépendantiste revendicatif.

        Or un fauve même accoutré d'un petit chapeau reste un fauve, les montreurs d'ours l'ont su de tout temps et il n'y avait que la Gueuse pour l'ignorer. Ce dont l'ARB nous a gratifié ne doit pas surprendre plus que de raison ceux qui l'ont couvé.

        L'ARB est en fait né des grandes arrestations qui se sont opérées dans les milieux indépendantistes basques de l'ETA. L'idée mère était alors de les éloigner le plus possible de leurs bases pyrénéennes sans pour autant les incarcérer à Paris, où la communauté Basque dans les centres pénitenciers est conséquente. Le sol breton fut donc choisi pour accueillir ce nouveau type de lisier. Ce qui était prévisible mais qui échappa totalement aux autorités se produisit: Des relations se nouèrent alors ipso facto entre l'ETA et quelques paumés du cru. l'ARB et Emgann renaissaient.

        Des contacts se renforcèrent entre Emgann et le FLNC. Gaël, déjà rouge-coco et bientôt rouge-sang était invité aux journées nationalistes de Corte (Haute-Corse), où ne doutons pas que les meurtriers professionnels du FLNC lui apprirent rapidement l'art d'assassiner dans le dos. Enfin d'autres contacts se nouèrent. Cette fois-ci entre l'ARB et l'IRA. Les Irlandais considérèrent cependant vite les militants ARB comme des clowns et des ivrognes. Leurs bombes bricolées avec des ustensiles de cuisine explosaient rarement à l'heure voulue, souvent pas du tout, quelques (trop rares) fois dans les mains de leurs concepteurs; et les revendications d'attentats du groupe breton s'accompagnaient de menaces à qui douterait de l'existence même de l'ARB. Bref jusqu'à l'attentat du McDo une clique de pitres qui découragea l'IRA d'entretenir des rapports sérieux avec ces gens effectuant alors plus volontiers des razzias contre les rayons "vins et spiritueux" des grandes surfaces que contre les intérêts de l' "État colonisateur". Retour donc à la case ETA où les indépendantistes basques, plus calculateurs, ont vite compris l'intérêt qu'ils pouvaient tirer de cette main d'œuvre bon-marché et quasi-inconnue des services de police. Ils chargèrent donc l'ARB de dérober des stocks d'explosifs Titanite à Plévens. Ce qui fut fait avec tout l'amateurisme que l'on connaît à l'ARB; et de fait se solda par de nombreuses interpellations dans les milieux ETA, bretons, et par la récupération d'une bonne quantité de la dynamite volée. Une grande quantité mais pas toute. l'ETA se tailla la part du lion dans le partage du butin rescapé; ne laissant à l'ARB que des miettes ainsi que des ristournes sur des futurs achats d'armes dans la boutique ETA.

        Ce sont ces miettes qui coûtèrent hélas la vie à Laurence, alors que la jeune femme -dont Catholique et Royaliste adresse bien sûr toutes ses condoléances à la famille et se joint à l'insondable douleur qui doit être la sienne- allait fêter ses 29 printemps et venait de décrocher cet emploi destiné à lui assurer une vie honnête et proche de sa famille. Les pourritures de l'ARB et d'Emgann en ont décidé autrement. Est-il besoin de préciser que ce meurtre abject et lâche est inspiré en droite ligne des actions menées par l'anarcho-communiste José Bové, président de la confédération paysanne, qui persiste à voir dans les restaurants McDonald's le symbole de l'ennemi à abattre? Ces restaurants, dont l'appréciation des qualités gustatives ne dépend que des goûts de tout-à-chacun et ne saurait être jugé par les palais avinés de ses ennemis mortels, sont des entreprises certes franchisées par une maison mère américaine mais créées par des Français qui s'endettent et qui créent des emplois pour les Français. Quelle sera la prochaine étape si l'opinion publique tolère de façon sous-jacente le principe qui veut que l'on s'en prenne à ces restaurants? Qui seront les prochaines Laurence sur la liste des tueurs? Les employés d'IBM France? Le personnel d' Eurodisney? les stations-service Esso? les bars qui préfèrent vendre aux adolescents du Coca-Cola plutôt que de la gnôle? L'anti-macdonaldisme dévoreur de bouc-émissaires (et partagé aussi bien à gauche qu'à droite) a trouvé à Quévert la parfaite illustration de sa stupidité abyssale. Ses sectaires, en tentant de fermer provisoirement le McDonald's de Quévert ont fermé définitivement les yeux de la jeune Laurence.

        Le sol de Bretagne, outragé à bien des égards par toutes les pollutions: engrais, pétrole et ARB, reste cependant un sanctuaire. Les corps des Bretons morts à Verdun et des Chouans y reposent. Comme y repose à présent le corps de la petite martyre des fanatiques de l'extrême-gauche. Ce sol restera Français, n'en déplaise à ces désaxés indépendantistes qui ne méritent aucune compassion. Que la corde!

CLOVIS

extrait du site royaliste et catholique : http://front14.org/CathetRoy/emgann.htm